jeudi, 26 mars 2009

Des luttes sociales à l'alternative politique

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Semaine après semaine, les annonces de suppressions d'emplois s'accumulent : Total, Continental, La Redoute, Les Trois Suisses, Valéo, Caterpillar, Arcelor Mittal, FNAC, etc. La vague s'étend et la plupart des secteurs de l'économie sont touchés. Les décisions de chômage partiel sont également nombreuses. Sans compter ces suppressions «invisibles» que constituent les fins de CDD ou de missions d'intérim.

Le phénomène est général partout dans le monde. Les chiffres font froid dans le dos : près de 2 millions de chômeurs supplémentaires aux Etats-Unis pour les mois de décembre à février, 350 000 chômeurs de plus en deux mois en Espagne, 90 000 de plus en deux mois et une prévision de 500 000 de plus à la fin 2009 en Allemagne. En France même, l'Unedic ne cesse de réviser à la hausse ses prévisions et annonce maintenant 450 000 chômeurs supplémentaires à la fin de l'année. Mais les 90 000 chômeurs supplémentaires du seul mois de janvier peuvent faire craindre bien davantage.

Les entreprises réagissent à la récession économique par des suppressions d'emplois, même quand elles font des profits. L'insupportable Madame Parisot, patronne du Medef, veut «sécuriser les licenciements pour les entreprises et les salariés». En fait, elle veut assouplir les procédures de licenciements en vertu de cette idée éculée selon laquelle si les employeurs peuvent licencier plus facilement, ils embaucheront davantage !

De son côté, Sarkozy et son gouvernement s'obstinent dans leur politique libérale. Le mini plan de «relance» de fin 2008 n'est pas de nature à relancer l'activité économique, pas plus que son saupoudrage de mesurettes «sociales». du début de l'année. Dans le même temps, le paquet fiscal continue de redistribuer aux riches des milliards qui manquent pour l'emploi ; et la liquidation des 35H, la libéralisation des heures supplémentaires, la réduction des emplois publics, continuent de jouer contre l'emploi.

Il est temps d'imposer un changement de cap. Ce n'est pas aux salariés et à la population de payer la crise pendant que spéculateurs et profiteurs seraient épargnés. La lutte des travailleurs des Antilles et de la Réunion, la mobilisation du 29 janvier expriment cette exigence. D'autres luttes sectorielles dans le secteur public (santé, éducation, recherche, Poste, etc) ou dans des entreprises privées confrontées aux restructurations et suppressions d'emplois, confirment la nécessité de l'unité pour construire les rapports de force.

La journée de grèves et de manifestation du 19 mars permettra de se faire entendre avec encore plus de force face à un gouvernement qui fait la sourde oreille face aux revendications légitimes pour l'emploi, les salaires, les services publics. Le Front de Gauche est totalement solidaire de cette mobilisation et appelle à tout faire pour en assurer le succès.

Au-delà, ce qui est posé c'est bien la question d'une alternative à ces politiques libérales qui ont conduit à la catastrophe. Ce sont de nouveaux choix économiques, sociaux, écologiques et démocratiques qui sont nécessaires pour sortir de l'ornière actuelle. Il y a urgence à ouvrir une autre perspective. L'Histoire en atteste : la crise économique et sociale peut déboucher sur une crise politique majeure. Si aucune issue progressiste n'est proposée, alors le pire peut survenir et une droite extrême se poser en recours.

La raison d'être du Front de Gauche c'est de contribuer à relever le défi d'un changement de cap au niveau européen, de changer d'Europe. La gauche de transformation doit se rassembler si elle veut être à la hauteur de ses responsabilités et proposer une alternative crédible face à tous les renoncements. Les élections européennes du mois de juin en fournissent l'opportunité. Ce sera le premier rendez-vous électoral depuis l'élection présidentielle où s'exprimera le jugement populaire sur la politique menée. Un vote sanction doublé d'une exigence d'alternative, telle est l'ambition que veut incarner le Front de Gauche.

samedi, 21 mars 2009

AGDE

9 fevrier 2009

La section multiprofessionnelle C.G.T. de Chauffailles et son Canton a appris avec consternation l’annonce de 79 licenciements à l’AGDE qui compte 249 salariés. Ce plan de licenciements qui met à la rue un salarié sur trois est intolérable pour les intéressés et leur famille.
Il faut rappeler que cette Société par Actions Simplifiée (SAS-AGDE) a toujours refusé d’adhérer à une convention collective, en l’occurrence celle de la métallurgie de Saône-et-Loire, puisque travaillant principalement pour des entreprises de cette branche. Cela représente un manque à gagner considérable en terme de salaire (absence de grille de salaires en fonction de l’ancienneté, absence de prime d’équipe, sans parler du calcul des primes de licenciement, entre autres éléments). Or, lors de la célébration des 30 ans de l’entreprise il y a quelques mois, il avait été question « d’un modèle économique pas comme les autres » : en effet, cette politique sociale au rabais est exceptionnelle pour garantir un coût salarial au plus bas, malgré « les compétences et le sérieux du personnel » loués par la direction en décembre 2007. Alors, ce n’est pas aux salariés de l’AGDE (comme d’ailleurs) de payer « leur crise » !
La section C.G.T. de Chauffailles est solidaire de tous les salariés et les soutiendra dans la défense de leurs droits.

16 fevrier 2009

Une soixantaine de salariées licenciées de l’AGDE se sont réunies le lundi 16 février 2009 dans la salle polyvalente de Coublanc à l’initiative de la section CGT de Chauffailles et de son Canton.
Le représentant de la commission exécutive de l’UD-CGT, conseiller juridique, Robert Wattebled, a répondu longuement aux questions des salariées frappées par une mesure de licenciement massif qui provoque colère et angoisse. Elles ont décidé de s’unir et de s’organiser pour assurer dans les semaines à venir la défense de leurs droits qui ont été bafoués depuis des années.

 

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19 mars 2009 Intervention devant les portes de l'usine

Comment en est-on arrivé là à l’AGDE? Il faut d’abord saluer le courage et la volonté de combattre que les salariés licenciés ont manifestés depuis plus d’un mois. Ce qui était impensable à l’AGDE, après des décennies d’exploitation et d’humiliation, a surpris tout le monde, et d’abord la direction qui pensait pouvoir les jeter à la rue sans bruit, avec quelques larmes de crocodile pour tout remerciement.
Mais ce qu’il faut savoir, c’est que votre directeur éploré est non seulement directeur de la SAS-AGDE, président du Conseil d’administration de la même société, mais aussi gérant de la SARL Coublanc Stores (créé le 6/12/2005 et dont le siège social est ici même) et président de MJ Expansion, SARL de Charbonnières les Bains, société de fonds de placement et de gestion de portefeuille créée le 24/11/2004 4 casquettes pour le même homme : vous n’avez donc pas à faire à un enfant de chœur qui voudrait faire croire qu’il se trompe ou qu’il est mal informé.
Il vous trompe et pensait que vous alliez croire ses bobards ! Il pensait que la loi du silence et la peur suffiraient à acheter votre résignation. Il n’en a rien été et bravo à vous.
Il faut revenir sur 2 points importants :  malgré le silence imposé aux délégués du CE sur la « marche de l’entreprise », il faut savoir que les comptes de toute entreprise sont publics et publiés (il suffit de les acheter) quand ils sont déposés au tribunal de commerce du département, 18 mois environ après la fin de l’exercice. Nous avons donc pu nous procurer le bilan comptable de l’exercice 2006/2007 clos le 31/08/2007 (et nous aurons bientôt l’exercice 2007/2008) :
que fait-il apparaître ? * une situation financière saine. Cette société par action simplifiée au capital de 840 000 € (soit 840 000 actions de 1€ détenues par les10 actionnaires du Conseil d’Administration de la société, dont M.Marsaglia) a dégagé au titre des dividendes servis aux actionnaires 428 400 € en 2004, 84 000 € en 2005, 84 000 € en 2006 et 201 600 € en 2007 (donc + de 20 000 € en moyenne par actionnaire, soit un taux de rémunération de + 24 % par action): on est loin de la rémunération du Livret A !
dans le même temps, la masse salariale a été de 4 500 000 € pour 305 employés, soit, en brut, une moyenne de 14 755 € par salarié pour l’année. On comprend pourquoi votre directeur pleure : en ne travaillant plus, vous allez le priver de confortables revenus !
ce bilan – communiqué - selon la loi - au CE qui n’a formulé aucune observation sur la situation économique et sociale de la Société (c’est écrit dans le PV de l’AG des actionnaires) nous apprend aussi qu’il n’y a eu aucun investissement en recherche et développement et que les 15 523 heures de droit à la formation individuelle (DIF) n’ont pas été utilisées : donc l’entreprise n’a aucune politique en matière d’innovation et de formation du personnel. L’activité ne dépend donc que du bon vouloir des clients de l’AGDE. : notamment, Coublanc Stores, l’allemand Rexroth, sous-traitant de Bosch, et le suisse Stäubli qui a ouvert une agence en Russie en février 2009 ! Alors, certes, il y a la crise, mais ce n’est pas aux salariés de la payer !
La direction a mené au pas de charge son plan de licenciements, pensant qu’elle ne rencontrerait aucun obstacle ! Ça n’a pas été le cas : en vous réunissant massivement le 16 février à Coublanc, vous avez montré votre détermination à ne pas vous laisser faire. La CRP a rencontré peu d’adeptes. Beaucoup d’entre vous ont envoyé des lettres à la direction pour exiger des informations sur les PV du CE, les critères, le plan de sauvegarde, etc. La direction a été contrainte de réintégrer les femmes enceintes et les délégués.
C’est une avancée non négligeable. Certes, de nouvelles heures de chômage partiel ont été demandées jusqu’en juin ; mais cela n’exclut pas un nouveau plan de licenciements sous prétexte de « sauver l’usine ». Mais, bénéfices ou pas, comme à Continental, notre exigence aujourd’hui, c’est : nous ne voulons pas payer la crise – réintégration immédiate de tous les licenciés ! Il ne faut pas opposer les licenciés et ceux qui travaillent encore ; il ne faut pas se tromper d’adversaire et rester unis et solidaires. Les salariés présents ont signé une pétition : « Nous, salariés de la SAS-AGDE, nous ne voulons pas payer la crise ! Nous exigeons la réintégration immédiate de tous les licenciés.
"Monsieur le Directeur, encore un effort !" Mais ils ont trouvé porte close !